19 août 2016

Innocenti - Eric Descamps

Innocenti - Eric Descamps (7/10)
Paris, le 13 janvier 2013.
Au cours de la manifestation contre le mariage pour tous, six femmes s'écroulent, et meurent dans les minutes qui suivent, saignées à blanc.
Hantée par l'idée d'un attentat politique, la police mène une enquête dans la plus grande discrétion. Rien ne relie les victimes les unes aux autres, si ce n'est que chacune est enceinte de son premier enfant.
Deux semaines plus tard, durant la manifestation en faveur du mariage pour tous, d'autres femmes meurent, laissant les enquêteurs sans la moindre piste.

►►►Tout d'abord, merci à Eric Descamps et les éditions Atine Renaud pour ce livre, que j'ai lu dans le cadre du Baby Challenge Thriller 2016. Je l'ai lu assez vite mais il m'a fallu un certain temps pour savoir quoi mettre dans ma chronique tellement j'ai trouvé ce roman "bizarre". Pas dans un sens négatif mais dans le sens où ce n'était pas ce à quoi je m'attendais. Dans ce récit, les enquêteurs ne résolvent pas vraiment l'enquête (on a la solution à la fin mais ce n'est pas eux qui la trouve) et on est loin du profilage classique (j'ai trouvé le profiler du récit assez secondaire et celui-ci pataugeait plus qu'autre chose). Ce roman est donc peut-être plus réaliste que la plupart des thrillers que je lis d'habitude... Cela est intéressant car, alors que, dans les enquêtes qui fonctionnent, on parvient nous aussi à cerner le tueur grâce aux indices, ici, on est à côté de la plaque. 
En ce qui concerne les personnages, j'ai déjà évoqué le profiler mais ce n'est pas lui le personnage principal : il s'agit de Vincent, un consultant informaticien et je n'ai pas du tout accroché avec son personnage car je le trouvais lunatique et passif. Son patron, Milos, est quant à lui un personnage que j'aurais aimé découvrir un peu plus : ancien criminel informatique reconverti, c'est véritablement lui qui prend les devants dans l'histoire et qui introduit un peu d'action (même si c'est par le biais de Vincent). Enfin, il y a 3 personnages féminins : Alice, l'ancienne compagne de Vincent ; Audrey, la petite amie d'Alice ; et Laure, la nouvelle amante de Vincent.  De ces 3 personnages, celui que j'ai préféré est celui d'Audrey, qui est la plus normale du lot mais sur qui le sort s'acharne (elle est en couple avec Alice et elles décident d'avoir un enfant, seulement Alice la quitte pour aller avec Vincent ; ensuite, Alice quitte Vincent pour revenir auprès d'elle mais Alice meurt ; et enfin, Audrey manque de mourir de la même façon qu'Alice et n'est sauvée qu'in extremis). 
Enfin, toute l'histoire tourne autour du logiciel Crowdscan, qui, comme son nom l'indique, permet de repérer des visages dans une foule. Le roman aborde donc des questions d'actualité, des paradoxes encore non résolus concernant le droit à l'image et à la vie privée. J'ai trouvé cela intéressant de voir l'envers du décor : on est du côté de ceux qui ont conçu le logiciel, qui savent donc le paramétrer selon leurs envies ou besoins et qui sont capables d'aller beaucoup plus loin que ce que le logiciel est censé faire, comme s'introduire dans les téléphones portables, les tablettes, les ordinateurs personnels, etc. Le récit évoque donc les questions d'éthique et les dilemmes qu'elles provoquent : peut-on bafouer le droit à l'image et à la vie privée si c'est pour attraper un criminel ?